Tout savoir sur la Mercedes Benz 190 sl roadster, une icône du grand tourisme

Longtemps restée dans l’ombre de sa majestueuse grande sœur aux portes papillon, la Mercedes-Benz 190 SL s’est aujourd’hui affranchie de ce complexe pour devenir l’un des cabriolets de collection les plus désirables au monde. Née dans les années 50 pour conquérir le marché américain, elle incarne une vision de l’automobile où le raffinement, le confort et l’élégance priment sur la course au chronomètre. Que vous soyez un passionné d’histoire automobile ou un futur acquéreur cherchant à comprendre l’envolée de sa cote, plongez dans les secrets de cette étoile intemporelle.

En bref

  • Commercialisée entre 1955 et 1963 sous le nom de code interne W121.
  • Propulsée par un moteur 4 cylindres en ligne de 1,9 litre (M121) développant 105 chevaux.
  • Une auto orientée vers le Grand Tourisme et la balade confortable, à l’opposé de la sportivité radicale.
  • Partage une filiation esthétique évidente avec la mythique 300 SL, notamment au niveau de la face avant.
  • Sa cote oscille aujourd’hui entre 60 000 € (état d’usage) et plus de 160 000 € (état concours).

L’histoire débute au salon de new york sous l’impulsion de max hoffman

La genèse de la Mercedes-Benz 190 SL est indissociable du flair commercial d’un homme : Max Hoffman. Importateur officiel de la marque aux États-Unis, il comprend dès le début des années 50 que le marché américain réclame des cabriolets européens séduisants. Si la spectaculaire 300 SL de course fascine, elle reste un produit d’élite inaccessible au grand public. Hoffman parvient alors à convaincre le directoire de Daimler-Benz de développer une « petite sœur » plus abordable, capable de séduire la classe moyenne supérieure.

Le résultat est dévoilé au New York Auto Show en février 1954, au cœur du Madison Square Garden. Le succès est immédiat : la voiture répond parfaitement aux attentes d’une clientèle désirant le prestige de l’étoile sans la complexité mécanique de la supercar de l’époque. La production de série débute en mai 1955 à Stuttgart.

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Le design extérieur s’inspire directement du coupé papillon

Si la 190 SL séduit encore aujourd’hui, c’est parce qu’elle reprend les codes stylistiques tracés par le designer Karl Wilfert pour la 300 SL. Malgré des dimensions réduites (4,29 m de long), elle conserve une prestance statutaire indéniable. Elle abandonne le châssis tubulaire complexe de son aînée pour une structure monocoque dérivée de la berline Ponton, mais l’illusion esthétique est parfaite.

Mercedes Benz 190 sl roadster bleu

Trois éléments de carrosserie forgent son identité visuelle :

  • La calandre : Une large ouverture ornée d’une unique lamelle chromée horizontale portant l’étoile centrale, signature des sportives de la marque.
  • Les « sourcils » d’ailes : De petits bourrelets au-dessus des passages de roues qui dynamisent le profil et rappellent directement la « Gullwing ».
  • La ligne de caisse : L’absence de décrochement arrière permet d’intégrer la capote (ou le hard-top optionnel) avec une fluidité remarquable, créant un roadster aux proportions idéales.

L’habitacle offre un luxe typique de la classe allemande

S’installer à bord d’une 190 SL, c’est découvrir une définition du cabriolet bien différente des standards britanniques ou italiens de l’époque. Là où une Triumph ou une MG joue la carte du dépouillement sportif, la Mercedes issue des chaînes d’Untertürkheim mise sur la qualité perçue et le confort. La planche de bord, souvent peinte à la couleur de la carrosserie, arbore une instrumentation complète avec des cadrans ronds cerclés de chrome et une montre de boîte à gants (après 1956).

La sellerie en cuir épais et les moquettes profondes confirment le positionnement haut de gamme. Une curiosité de l’époque mérite d’être soulignée : l’option rare d’un troisième siège transversal, positionné perpendiculairement derrière les sièges avant, permettant (théoriquement) d’accueillir un passager supplémentaire sur de courts trajets.

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La mécanique repose sur un moteur quatre cylindres inédit

Pour proposer un tarif attractif (environ 4 000 $ à l’époque), l’ingénieur en chef Rudolf Uhlenhaut ne pouvait pas reprendre le six cylindres à injection de la 300 SL. La solution fut technique et pragmatique : créer un nouveau bloc, le M121, en amputant le six cylindres de deux chambres de combustion.

Ce moteur 4 cylindres de 1897 cm³ à arbre à cames en tête (SOHC) développe 105 chevaux. Il est alimenté par deux carburateurs double-corps Solex 44 PHH, une pièce maîtresse qui donne au moteur sa sonorité caractéristique d’aspiration à l’accélération. Bien que des prototypes équipés de moteurs 6 cylindres aient été testés (notamment sur la Nürburgring Nordschleife), ils furent abandonnés pour ne pas cannibaliser la gamme et maintenir un coût de production maîtrisé.

Les caractéristiques techniques détaillées du véhicule

CaractéristiqueSpécification
Moteur4 cylindres en ligne (Type M121 BII)
Cylindrée1897 cm³
Puissance105 ch à 5 700 tr/min
Alimentation2 carburateurs double-corps Solex 44 PHH
TransmissionBoîte manuelle à 4 rapports synchronisés
FreinageTambours hydrauliques assistés (Ate T50)
SuspensionRoues indépendantes, essieu arrière oscillant
Poids à vide1 160 kg (environ)
Vitesse maximale170 km/h

Le comportement routier favorise le confort du grand tourisme

Il est essentiel de comprendre la philosophie de la voiture avant de prendre le volant. L’acronyme SL signifie officiellement « Sport-Leicht » (Sport-Léger), mais dans le cas de la 190, certains puristes préfèrent parler de « Super-Leicht » ou de Grand Tourisme. Avec un 0 à 100 km/h abattu en 14 secondes, elle ne peut rivaliser en performance pure avec une Porsche 356 plus légère ou une Alfa Romeo Giulietta plus nerveuse.

Mercedes Benz 190 sl roadster sur route

Cependant, la 190 SL excelle ailleurs. Son châssis est sain, sa direction précise et sa suspension gomme parfaitement les irrégularités de la route. C’est une invitation à l’hédonisme automobile : on roule sur le couple, coude à la portière, en profitant du paysage. Lors d’un essai routier, on réalise que la boîte 4 rapports est douce et que le freinage, bien qu’à tambours, reste suffisant pour une conduite anticipative. C’est une voiture faite pour durer et pour voyager loin, pas pour attaquer des cols le couteau entre les dents.

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Le marché de la collection affiche une cote en forte hausse

Longtemps considérée comme un « second choix » face à la 300 SL, la cote de la Mercedes 190 SL a explosé ces quinze dernières années. Les collectionneurs ont redécouvert ses qualités intrinsèques : une ligne à tomber, une fiabilité mécanique légendaire et une éligibilité à de nombreux rallyes historiques. Elle représente aujourd’hui un investissement solide dans l’univers « Classic ».

Remplacée en 1963 par la 230 SL dite « Pagode », la 190 SL est désormais une valeur sûre des enchères internationales. Un bel exemplaire restauré se négocie couramment entre 100 000 et 140 000 euros, tandis que des projets de restauration complète peuvent se trouver autour de 40 000 à 50 000 euros.

Les points de vigilance pour l’achat et la restauration

Malgré la robustesse de l’étoile, l’achat d’une 190 SL demande une inspection minutieuse. La disponibilité des pièces est excellente grâce à Mercedes-Benz Classic, mais les prix sont élevés.

  • Réglage des carburateurs : Les deux Solex double-corps sont notoirement difficiles à synchroniser. Un moteur qui « ratatouille » ou tient mal le ralenti nécessite souvent l’intervention d’un spécialiste (ou un remplacement coûteux par des Weber, qui altère toutefois l’authenticité).
  • Corrosion : Comme toutes les autos des années 50, la structure monocoque est sensible à la rouille. Inspectez impérativement les bas de caisse, les planchers et les supports de cric.
  • Freinage : Le système de freinage assisté (Power Drum) est efficace mais complexe à régler. Vérifiez l’absence de fuites et l’efficacité du servo-frein.
  • Complets et chromes : La restauration des nombreux éléments chromés (pare-chocs, calandre, encadrements) représente un budget très conséquent. Privilégiez un modèle complet.