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Produite de 1967 à 1983, l’auto Citroën Dyane est un modèle emblématique qui a marqué l’histoire automobile française. Fabriquée à plus de 1,4 million d’exemplaires, cette berline compacte fut la réponse stratégique de la marque à la montée en puissance de la Renault 4. Se positionnant comme le trait d’union moderne entre la rustique 2CV et la plus cossue Ami 6, elle a réussi le pari d’allier le légendaire moteur bicylindre à refroidissement par air avec une carrosserie pratique dotée d’un hayon.
En bref :
- La Dyane a été conçue pour combler l’écart entre la 2CV et l’Ami 6 et contrer la Renault 4L grâce à l’ajout stratégique d’un hayon arrière.
- Son design anguleux est le fruit d’une collaboration unique entre les équipes de Panhard (Louis Bionier) et celles de Citroën (Robert Opron).
- Bien qu’elle repose sur la plateforme de la 2CV, elle se distingue par ses portes concaves, ses phares intégrés aux ailes et une meilleure habitabilité.
- Sa carrière s’étend sur 16 ans (1967-1983) avec une production dépassant les 1,4 million d’exemplaires à travers le monde.
- Techniquement robuste, elle a donné naissance à l’utilitaire Acadiane et a servi de base technique à la légendaire Méhari.
Genèse du projet : remplacer l’irremplaçable
En 1964, les ventes de la vénérable « Deuche » commencent à s’essouffler face à la modernité et la praticité de la Renault 4. Pour contrer cette offensive sans cannibaliser l’Ami 6, le directeur de Citroën, Pierre Bercot, dresse un cahier des charges rigoureux. Le nouveau véhicule doit impérativement rester dans la catégorie des 2 chevaux fiscaux et, surtout, utiliser les chaînes de montage existantes de la 2CV. Pour réduire drastiquement les coûts de production, le projet impose la réutilisation massive de pièces mécaniques et du châssis plateforme éprouvé de son aînée.

Une conception signée Panhard et Citroën
Le bureau de style interne de la marque étant saturé par les projets de restylage de la DS et de l’Ami 6, l’étude initiale est sous-traitée à la société Panhard et Levassor, récemment acquise par le groupe. C’est le designer Louis Bionier qui esquisse les premiers traits du projet. Toutefois, le dessin final est repris et affiné par les équipes de Citroën. Robert Opron et son collaborateur Jacques Charreton retravaillent le nez et la face arrière pour lui donner sa personnalité définitive, tandis qu’Henry Dargent signe le dessin du tableau de bord.
Les choix techniques et esthétiques
La Dyane se distingue physiquement de sa devancière par plusieurs évolutions marquantes. Elle adopte des projecteurs intégrés dans les ailes et, point crucial du cahier des charges, un hayon arrière qui offre une accessibilité au coffre supérieure à celle de la 2CV. L’une de ses signatures stylistiques, les portes concaves, n’est pas une fantaisie esthétique mais une nécessité technique : ce profil permet de rigidifier la tôle tout en conservant la largeur hors-tout de la plateforme d’origine. Enfin, elle conserve l’esprit de liberté avec un toit découvrable (capote) équipé d’un système d’ouverture intérieur.

Évolutions des motorisations et fiche technique
Lancée avec un moteur de 425 cm³ (18 ch) jugé trop anémique par la presse et la clientèle, la gamme évolue rapidement. Le constructeur introduit un bloc de 435 cm³ sur la Dyane 4 et, de manière décisive, le moteur de 602 cm³ sur les versions D6 et Dyane 6, portant la puissance jusqu’à 32 ch. Le châssis connait aussi des mises à jour techniques majeures, passant d’une suspension à batteurs à inertie à des amortisseurs télescopiques en 1975, puis adoptant des freins à disques à l’avant en 1978.
| Appellation Commerciale | Années de production | Cylindrée (cm³) | Puissance (ch DIN) | Vitesse max (km/h) |
|---|---|---|---|---|
| Dyane (A) | 1967 – 1969 | 425 cm³ | 18 ch | 100 km/h |
| Dyane 4 | 1968 – 1975 | 435 cm³ | 24 ch | 105 km/h |
| Dyane D6 | 1968 (Jan-Sept) | 602 cm³ | 25,5 ch | 105 km/h |
| Dyane 6 | 1968 – 1983 | 602 cm³ | 28 à 32 ch | 115-120 km/h |
Les dérivés et séries spéciales
La plateforme de la Dyane a servi de base à une famille élargie de véhicules. Elle a donné naissance à l’Acadiane, la version fourgonnette qui remplace les 2CV AK en offrant un volume de chargement accru. Elle fournit également ses dessous techniques à la célèbre Méhari. Les collectionneurs recherchent aujourd’hui particulièrement les séries limitées qui ont ponctué sa carrière, telles que la Caban, la Capra, l’Edelweiss ou encore l’élégante Côte d’Azur.

Carrière internationale et production
Loin d’être uniquement française, la Dyane a connu une carrière mondiale avec une production totale de 1 443 583 unités. Les chaînes d’assemblage ont tourné à travers l’Europe, notamment à Rennes, Levallois, Vigo (Espagne), Forest (Belgique) et Mangualde. Son histoire s’étend même jusqu’en Iran, où elle fut fabriquée sous le nom de Jyane (signifiant « féroce »), et en Yougoslavie où le constructeur Cimos développa des variantes spécifiques comme le Dak et le Geri.


