Moteur Renault Mercedes : quels modèles sont concernés et pourquoi ?

Sous le capot d'une Mercedes compacte peut se cacher un moteur signé Renault. Ce n'est pas un secret industriel, mais beaucoup d'acheteurs l'ignorent encore. Depuis 2010, les deux constructeurs partagent des blocs moteurs sur une large partie de la gamme d'entrée de gamme Mercedes. Voici ce que ça change concrètement pour vous.

En bref

  • Le partenariat Renault-Daimler est officiel depuis 2010 : Daimler a pris 3 % du capital de Renault et de Nissan.
  • Les Mercedes concernées sont principalement les modèles compacts avec une dénomination ≤ 200 : Classe A, Classe B, CLA, GLA, GLB, Classe C d'entrée de gamme.
  • Les principaux moteurs Renault chez Mercedes sont le 1.5 dCi (diesel, connu sous le nom K9K) et le 1.3 TCe (essence, co-développé avec Nissan, baptisé M282).
  • Pour savoir si votre Mercedes a un moteur Renault, regardez le champ D2 de la carte grise ou la dénomination du modèle.
  • Ces moteurs sont globalement fiables, à condition de respecter l'entretien (FAP, EGR, injecteurs).
  • Le partenariat a pris fin avec le déclin du diesel et la transition électrique de Mercedes prévue pour 2030.

Pourquoi Mercedes utilise des moteurs Renault

En 2010, Mercedes-Benz n'avait pas de petit bloc compétitif pour ses voitures d'entrée de gamme. Développer un moteur entièrement nouveau aurait coûté des centaines de millions d'euros. Pour un segment aussi concurrentiel, l'équation ne tenait pas.

La solution : un accord industriel avec l'alliance Renault-Nissan. Daimler prend 3 % du capital de Renault et 3 % de Nissan. En échange, les trois groupes partagent les coûts de développement et accèdent aux moteurs existants de chacun.

Les moteurs Renault qui équipent les Mercedes sont produits principalement à Cléon, en Normandie. Ils sont ensuite adaptés et intégrés aux standards Mercedes dans les chaînes d'assemblage allemandes. Chaque bloc subit des contrôles qualité propres à Mercedes avant d'être monté en usine.

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Ce type d'alliance est courant dans l'industrie. BMW et Peugeot partagent des moteurs. Le Porsche Cayenne repose sur la plateforme du Volkswagen Touareg. La logique est toujours la même : partager les coûts de R&D pour rester rentable sur les segments à faibles marges.

Comment savoir si votre Mercedes a un moteur Renault

Deux méthodes simples permettent de le vérifier.

Méthode 1 : la dénomination du modèle. Les Mercedes équipées d'un moteur Renault ont généralement une dénomination qui se termine par un chiffre inférieur ou égal à 200. Une A180d, une CLA 180d ou une B200 sont de bonnes candidates. Les versions AMG, 250, 300 et au-delà utilisent des moteurs 100 % Mercedes.

Méthode 2 : le code moteur sur la carte grise. Regardez le champ D2 de votre carte grise. Notez le code moteur, puis cherchez-le sur le site Renault ou dans une base technique. Si ce même code équipe une Renault Clio, une Mégane ou une Dacia Duster, vous avez votre réponse.

Les moteurs Renault utilisés chez Mercedes : diesel et essence

Le 1.5 dCi (K9K) : le moteur le plus répandu

C'est le bloc star de ce partenariat. Le K9K de Renault, connu sous la désignation Mercedes OM607 puis OM608, est un 4 cylindres turbodiesel de 1 461 cm³. Sa puissance varie de 85 à 116 chevaux selon les générations et les calibrations.

Ce moteur équipe la majorité des Mercedes compactes diesel entre 2012 et 2023 :

  • Mercedes Classe A 180d (W176 et W177)
  • Mercedes Classe B 180d (W246 et W247)
  • Mercedes CLA 180d (C117 et C118)
  • Mercedes GLA 180d (X156 et H247)
  • Mercedes GLB 180d (X247)
  • Mercedes Citan 108 CDI et 111 CDI

Son avantage principal : une consommation très basse (autour de 4 à 5 litres aux 100 km sur route) et un couple disponible dès les bas régimes, idéal pour l'usage urbain et les trajets mixtes.

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Le 1.3 TCe (M282) : le moteur essence partagé

Ce moteur essence turbo est le fruit d'une collaboration à trois : Renault, Nissan et Mercedes. Chez Mercedes, il porte la désignation M282. Il développe entre 115 et 163 chevaux selon le niveau de puissance.

Il équipe les versions essence des compactes Mercedes depuis 2018 :

  • A 180 et A 200 (W177)
  • B 180 et B 200 (W247)
  • CLA 180 et CLA 200 (C118)
  • GLA 200 (H247)
  • GLB 200 (X247)

Ce même bloc se retrouve dans la Renault Mégane, le Kadjar ou encore le Nissan Qashqai. Sa consommation est contenue pour un turbo essence, et ses performances sont adaptées à une conduite quotidienne.

Les autres motorisations Renault chez Mercedes

MoteurDésignation MercedesPuissanceModèles concernés
1.6 dCiOM622 / OM62690 à 136 chClasse C 180d (W205), Vito
1.2 TCe~95 chCitan essence (générations récentes)
2.3 dCiOM699163 à 190 chClasse X 220d et 250d, Vito

Quels modèles Mercedes ont un moteur Renault ? Liste complète

Modèle MercedesMotorisation RenaultAnnées
Classe A 160 CDI / A180 CDI (W168)1.5 dCi diesel1997–2004
Classe A 150 / A160 / A180 CDI (W169)1.5 dCi diesel2004–2012
Classe A 180d (W176)1.5 dCi diesel2012–2018
Classe A 180 / A200 (W177)1.3 TCe essence2018–2023
Classe B 150 / B160 / B180 CDI (W245)1.5 dCi diesel2005–2011
Classe B 180d (W246)1.5 dCi diesel2011–2018
Classe B 180d / B200 (W247)1.5 dCi diesel / 1.3 TCe essence2018–2023
Classe C 180d (W205)1.6 dCi diesel2014–2021
CLA 180d / 200d (C117)1.5 dCi diesel2013–2019
CLA 180 / 200 (C118)1.3 TCe essence2019–2023
GLA 180d / 200d (X156)1.5 dCi diesel2014–2020
GLA 200 (H247)1.3 TCe essence2020–2023
GLB 180d (X247)1.5 dCi diesel2019–2023
GLB 200 (X247)1.3 TCe essence2019–2023
Citan 108 / 109 / 111 CDI1.5 dCi diesel2012–2023
Vito 109 / 114 CDI1.6 dCi diesel2014–2020
Classe X 220d / 250d2.3 dCi diesel2017–2020

Comment lire ce tableau : Les versions "d" ou "CDI" dans la dénomination sont des moteurs diesel. Les versions sans suffixe ou avec "T" sont essence. Les chiffres ≤ 200 signalent presque toujours un moteur issu du partenariat Renault.

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Fiabilité du moteur Renault sur Mercedes : ce qu'il faut savoir

Ces moteurs ont une réputation globalement positive. Le 1.5 dCi K9K cumule plusieurs centaines de millions de kilomètres au total sur toutes les marques qui l'utilisent. Sa robustesse est documentée, à condition d'un entretien rigoureux.

Points de vigilance à surveiller :

  • FAP (filtre à particules) et vanne EGR : sensibles à l'usage urbain intensif et aux trajets courts. Le FAP se bouche si le moteur ne monte jamais en température. Privilégiez des trajets d'au moins 20 minutes à régime soutenu régulièrement.
  • Injecteurs : à contrôler à partir de 150 000 km sur les diesels. Un diagnostic simple chez un professionnel permet de les tester avant achat.
  • Courroie de distribution : sur les versions essence plus anciennes, respectez les intervalles de remplacement préconisés par le constructeur (souvent 120 000 à 150 000 km).
  • Pompe à eau et thermostat : à vérifier sur les diesels récents, notamment sur les versions W177 et W247.

Ce qui joue en faveur de ces moteurs :

  • Faible consommation par rapport à la cylindrée
  • Pièces détachées accessibles et moins chères que pour un moteur 100 % Mercedes
  • Large réseau de mécaniciens formés sur ces blocs (identiques aux Renault)
  • Couple disponible dès les bas régimes, adapté à la ville

Pour un achat d'occasion, demandez toujours l'historique d'entretien complet. Un 1.5 dCi bien entretenu peut dépasser 250 000 km sans problème majeur.

La fin du partenariat Renault-Mercedes

Le partenariat entre les deux constructeurs n'est plus d'actualité. Plusieurs facteurs ont accéléré sa fin.

Le déclin du diesel. Les ventes de véhicules diesel en Europe ont chuté de plus de 50 % entre 2015 et 2023. Mercedes a réduit progressivement son offre diesel d'entrée de gamme. Les moteurs Renault étaient principalement des diesels : moins de débouchés, moins de commandes.

La transition électrique. Mercedes a annoncé son intention de ne plus vendre que des véhicules électriques d'ici à 2030 sur les marchés où la législation le permet. Dans ce contexte, développer de nouveaux moteurs thermiques partagés n'a plus de sens stratégique.

Le cas Smart. La marque Smart, qui utilisait des moteurs Renault (notamment sur la Fortwo et la Forfour), est désormais une coentreprise entre Mercedes et le constructeur chinois Geely. Elle produit uniquement des véhicules électriques. Ce débouché pour les moteurs Renault a donc disparu.

Pour les propriétaires actuels, cette fin de partenariat ne change rien à court terme. Les pièces détachées restent disponibles, souvent moins chères que pour un moteur 100 % Mercedes, et les mécaniciens Renault peuvent intervenir sur ces blocs sans difficulté.