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Lancé en 2020, le Captur de seconde génération s’est imposé comme une figure incontournable du paysage automobile français. Pourtant, face à une concurrence féroce, menée notamment par un Peugeot 2008 agressif, le SUV au losange commençait à marquer le pas. Avril 2024 a sonné l’heure de la riposte avec un restylage majeur intégrant les nouveaux codes stylistiques de la marque. Au-delà du look, c’est sous le capot que se joue l’essentiel avec la motorisation E-Tech Full Hybrid 145, désormais cœur de gamme stratégique pour les particuliers. Ce nouvel opus tient-il ses promesses de sobriété et de technologie ? Nous avons pris le volant de la finition Techno pour le vérifier.
En bref :
- Le restylage verticalise la face avant et offre enfin une vraie personnalité au Captur, le distinguant nettement de la Clio.
- L’hybride 145 ch est un roi de la ville (< 5L/100km), mais la boîte manque de réactivité et de silence lors des fortes relances sur autoroute.
- Le système Google OpenR Link est une référence absolue. La banquette coulissante reste un atout majeur, malgré l’absence de poignées de maintien.
- Un comportement sain et confortable, orienté vers la douceur plutôt que le dynamisme.
- Le partenaire idéal pour le quotidien urbain et périurbain, offrant une technologie à jour et une sobriété exemplaire.
Un restylage indispensable pour affirmer son caractère
Fini les rondeurs rassurantes de la phase 1 qui le faisaient passer pour une « grosse Clio ». Le Captur adopte désormais une posture beaucoup plus statutaire, directement inspirée du langage visuel initié par le Scénic. La face avant se verticalise nettement, arborant le nouveau logo intégré au centre d’une calandre à facettes aux motifs dégradés.
Ce lifting offre une véritable identité visuelle au modèle. On remarque immédiatement le capot plus plat et horizontal, ainsi que la nouvelle signature lumineuse avec ces feux de jour en forme de demi-losange verticaux. Si la partie arrière évolue plus timidement (coques de feux translucides), l’ensemble gagne en maturité. Renault supprime l’ancienne finition R.S. Line au profit de l’Esprit Alpine, qui apporte une touche de sportivité supplémentaire, mais notre version d’essai Techno prouve que l’on peut avoir de l’allure sans nécessairement viser le haut du catalogue.
À bord de la finition Techno : Google change la donne
Dès l’installation à bord, la qualité de fabrication reste dans la bonne moyenne du segment B-SUV, avec des matériaux moussés sur les parties hautes de la planche de bord. Mais la véritable révolution est numérique. L’écran tactile central, désormais de 10,4 pouces sur toutes les versions, intègre le système OpenR Link.
C’est un argument de vente massif : l’interface est fluide, réactive et surtout, elle intègre nativement l’écosystème Google. Retrouver Google Maps et l’Assistant Google sans avoir à brancher son smartphone est un confort dont il devient difficile de se passer. Renault a eu l’intelligence de conserver des commandes physiques pour la climatisation, préservant une ergonomie intuitive. Autre détail bien pensé : le bouton « Safety Switch » situé à gauche du volant. Une double pression suffit pour désactiver les aides à la conduite intrusives imposées par la norme GSR2, comme l’alerte de survitesse, évitant ainsi de naviguer dans des menus complexes à chaque démarrage.
Habitabilité et modularité : l’atout maître
Le Captur conserve ce qui a fait sa force : sa banquette arrière coulissante sur 16 cm. C’est une fonctionnalité rare sur ce segment qui permet de moduler l’espace selon vos besoins du moment.
- Banquette reculée : L’espace aux jambes est généreux pour deux adultes.
- Banquette avancée : Le volume de coffre grimpe jusqu’à 480 litres, une valeur excellente pour la catégorie.
- Configuration standard : Le volume s’établit à 348 litres en version hybride (à cause de la batterie), ce qui reste correct pour un usage quotidien.
Au volant du Full Hybrid 145 : douceur urbaine et limites sur route
Sur la route, le Captur E-Tech 145 dévoile deux visages très distincts. En milieu urbain et périurbain, il excelle. Le démarrage s’effectue systématiquement en électrique, offrant un silence de fonctionnement et une douceur de conduite remarquables. La gestion entre les moteurs est transparente, et le freinage régénératif (accentué en mode B) permet de conduire presque sans toucher à la pédale de frein.
Cependant, le tableau se ternit légèrement lorsque l’on hausse le rythme ou sur autoroute. La fameuse boîte à crabots multimode manque parfois de réactivité lors des fortes sollicitations (kick-down pour un dépassement), générant un temps de latence. De plus, lors de longues montées ou lorsque la batterie est faible, le moteur thermique peut se mettre à mouliner de façon sonore pour recharger la batterie et tracter le véhicule simultanément. Côté châssis, le comportement reste sain et sécurisant, mais les pneumatiques Continental EcoContact favorisant l’efficience ont tendance à provoquer un sous-virage précoce sur chaussée humide.
Fonctionnement de la technologie E-Tech
Pour rappel, cette architecture complexe associe un bloc thermique 4 cylindres 1.6L atmosphérique (d’origine Nissan) de 91 ch à deux moteurs électriques : un moteur principal de 49 ch et un alterno-démarreur haute tension. L’originalité réside dans l’absence d’embrayage et de synchronisateurs. C’est le moteur électrique qui gère la synchronisation de la boîte, garantissant cette fluidité caractéristique à basse vitesse pour une puissance cumulée de 145 ch.
La vérité sur la consommation : un véritable chameau ?
C’est incontestablement le point fort de cet essai. La promesse d’efficience est tenue. En ville, il est très facile de rouler 80% du temps en électrique, ce qui permet de descendre régulièrement sous la barre des 5,0 L/100 km sans pratiquer une éco-conduite militante. Le Captur se positionne comme l’un des véhicules les plus sobres de sa catégorie.
Voici les consommations moyennes relevées lors de différents cycles :
| Type de parcours | Consommation relevée | Autonomie estimée |
|---|---|---|
| Ville / Zone 30 | 4,4 L/100 km | > 950 km |
| Route (80 km/h) | 4,8 L/100 km | > 850 km |
| Autoroute (130 km/h) | 6,8 L/100 km | ~ 650 km |
L’utilisation de la fonction E-Save permet de maintenir la charge de la batterie (à 40% minimum), utile avant d’aborder une zone à fort relief pour éviter de solliciter le moteur thermique à l’excès.
Synthèse des avis propriétaires et fiabilité
En analysant les retours des utilisateurs ayant parcouru plusieurs milliers de kilomètres, plusieurs tendances se dégagent. Les propriétaires plébiscitent majoritairement le design modernisé, la consommation réelle très basse et le confort de suspension (bien que jugé un peu ferme avec les jantes 19 pouces de la version Esprit Alpine).
Néanmoins, certains défauts reviennent régulièrement :
- Des bruits d’air présents au niveau des portières avant sur autoroute.
- L’absence incompréhensible de poignées de maintien pour le passager avant et à l’arrière, souvent critiquée par les familles et les personnes âgées.
- Un rayon de braquage jugé un peu large pour un véhicule à vocation urbaine.
- Quelques bugs électroniques sporadiques sur l’affichage du tableau de bord ou le GPS, nécessitant parfois des mises à jour en concession.
Prix et équipements : la finition Techno est-elle le bon choix ?
Affichée aux alentours des 30 000 € (hors options et remises), la finition Techno représente le « sweet spot » de la gamme. Elle offre l’essentiel de la technologie moderne (OpenR Link avec Google, caméra de recul, carte mains libres, jantes alliage 18 pouces) sans le surcoût esthétique de la version Esprit Alpine.
Face à un Toyota Yaris Cross peut-être plus sobre mais moins habitable, ou un Peugeot 2008 plus dynamique mais plus gourmand en essence, le Captur Techno E-Tech 145 offre un compromis coût/usage particulièrement pertinent pour les foyers cherchant la polyvalence.


