Monday to Saturday - 8:00 -17:30

Rouler avec une visière teintée séduit dès les premiers beaux jours. Elle limite l'éblouissement et repose les yeux sur les longs trajets. Mais une question revient sans cesse chez les motards : cette visière est-elle vraiment légale ? Entre norme européenne, contrôles routiers et sanctions, la réponse mérite d'être posée noir sur blanc. Voici ce que dit précisément la réglementation française.
En bref
- La norme ECE 22.06 impose un taux minimal de 35 % de transmission lumineuse pour qu'une visière teintée reste homologuée.
- Une visière teintée légale s'utilise uniquement de jour. Jamais la nuit, jamais en tunnel.
- Les visières iridium, miroir ou trop sombres, sous 35 % de transmission, sont interdites à la circulation.
- Rouler avec une visière non conforme expose à une amende de 135 €, minorée à 90 €, et à un retrait de 3 points de permis.
- Les visières photochromiques et les écrans solaires intégrés offrent une alternative confortable et parfaitement légale.
Visière teintée casque moto légal : que dit la réglementation
Toute visière montée sur un casque moto homologué doit respecter la norme européenne ECE 22.06. Cette norme fixe une transmission lumineuse minimale de 35 %. Concrètement, la visière doit laisser passer au moins 35 % de la lumière visible pour rester légale sur la route.
L'ancienne norme ECE 22.05 imposait un seuil plus strict, à 50 %. Depuis le passage à la norme 22.06, les fabricants proposent des teintes plus marquées, à condition de rester au-dessus des 35 %. Cette évolution explique pourquoi certains casques récents autorisent des visières plus sombres que les anciens modèles.
Sur le pourtour de la visière, un marquage indique sa catégorie. Certains modèles portent aussi la mention « daytime use only ». Elle signifie que la visière est réservée à un usage de jour. Cette inscription apparaît systématiquement sur les modèles teintés homologués.
Le Code de la route encadre cet équipement via l'article R431-1, qui impose le port d'un casque et d'accessoires conformes aux normes en vigueur. Rouler avec une visière non homologuée constitue une infraction, exactement comme un casque non conforme.
Quelles teintes de visière sont autorisées
Toutes les teintes ne se valent pas face à la loi. Le critère décisif reste le taux de transmission lumineuse, mesuré et certifié par le fabricant.
| Transmission lumineuse | Type de teinte | Usage possible | Légalité |
|---|---|---|---|
| 80 à 100 % | Incolore | Jour et nuit | Légale |
| 50 à 80 % | Légèrement teintée | Jour uniquement | Légale |
| 35 à 50 % | Teintée moyenne | Jour uniquement, forte luminosité | Légale, au seuil minimum |
| Moins de 35 % | Foncée, fumée, iridium | Aucun usage routier | Interdite |
Quelques repères concrets pour choisir sans se tromper :
- Visière claire homologuée : le choix par défaut, utilisable à toute heure.
- Visière teintée légère (smoke light) : confort visuel en été, transmission autour de 50 à 70 %.
- Visière photochromique : s'adapte automatiquement à la luminosité, reste dans les clous en toute circonstance.
- Visière iridium ou miroir : à éviter, elle passe presque toujours sous le seuil des 35 %.
Visières interdites : iridium, miroir et teintes trop sombres
Les visières iridium ou miroir séduisent pour leur look. Elles posent pourtant un vrai problème réglementaire. Leur traitement réfléchissant fait chuter la transmission lumineuse bien en dessous de 35 %. Résultat : elles gênent la vision du motard dès que la luminosité baisse, et elles empêchent les autres usagers de croiser son regard, un repère important en intersection.
Les visières « dark smoke » vendues sur certaines marketplaces posent le même souci. Beaucoup n'affichent aucune certification ECE, aucun marquage CE. Un contrôle peut donc se solder par une sanction, même si la visière semblait « à peine plus foncée » qu'un modèle homologué. En cas d'accident, l'absence d'homologation peut aussi jouer contre vous face à l'assurance.
Sanctions en cas de visière non homologuée
Un contrôle routier avec une visière non conforme entraîne des conséquences précises, cumulables.
| Situation | Sanction |
|---|---|
| Visière non homologuée constatée | Amende de 135 €, minorée à 90 € |
| Infraction relevée | Retrait de 3 points sur le permis |
| Équipement jugé dangereux | Immobilisation possible du véhicule |
| Accident avec visière non conforme | Refus ou réduction de l'indemnisation assurance |
Ce dernier point mérite votre attention. En cas d'accident, l'assureur peut invoquer le port d'un équipement non homologué pour réduire, voire refuser, une indemnisation. La visière teintée non conforme n'est donc pas qu'une question d'amende.
Quand porter une visière teintée sans risque
Une visière teintée homologuée reste un équipement de jour. Elle réduit la vision de 30 à 60 % selon les modèles, un handicap réel dès que la lumière naturelle baisse.
Évitez-la dans ces situations :
- De nuit : l'éblouissement n'existe plus, la teinte ne fait que réduire votre visibilité.
- En tunnel : la baisse brutale de luminosité crée un effet tunnel dangereux avec une visière teintée.
- Par temps couvert ou pluvieux : la luminosité ambiante chute déjà de 50 à 70 %, inutile d'en rajouter.
- Par brouillard ou neige : la visibilité est déjà réduite, une teinte l'aggrave encore.
Dans ces conditions, basculez sur une visière claire ou un modèle photochromique qui s'adapte tout seul.
Comment vérifier que votre visière est homologuée
Avant d'acheter, quelques vérifications simples évitent bien des déconvenues.
- Le marquage ECE 22.05 ou 22.06, gravé ou imprimé sur le pourtour de la visière.
- Le sigle CE et la lettre E cerclée suivie d'un numéro de pays.
- Le taux de transmission lumineuse, parfois indiqué directement sur l'emballage ou la visière.
- La provenance : privilégiez un concessionnaire officiel ou un magasin spécialisé moto plutôt qu'une marketplace généraliste sans garantie d'homologation.
Un doute sur une visière déjà en votre possession ? Contactez le fabricant du casque avec la référence du modèle. Il pourra confirmer la conformité exacte.
Alternatives légales pour rouler confortablement au soleil
Pas besoin de sacrifier la légalité pour le confort visuel. Plusieurs solutions homologuées existent.
- La visière photochromique : elle s'assombrit automatiquement en plein soleil et redevient claire en 20 à 30 secondes dans l'obscurité. Comptez entre 80 et 150 € selon la marque.
- L'écran solaire intégré au casque : un système interne qui bascule en une seconde entre protection solaire et vision claire, sans changer de visière.
- Le pinlock teinté : posé à l'intérieur d'une visière claire homologuée, il filtre la lumière sans remettre en cause la conformité de l'équipement extérieur.
- Une deuxième visière claire homologuée : la solution la plus simple, changement en 10 à 15 secondes à chaque sortie de tunnel ou tombée du jour.
Foire aux questions
Puis-je rouler de nuit avec une visière teintée homologuée ? Non. Même homologuée, une visière teintée reste réservée à un usage de jour. La nuit, elle réduit dangereusement votre champ de vision.
Une visière iridium est-elle toujours interdite ? Dans la grande majorité des cas, oui. Son traitement réfléchissant fait chuter la transmission lumineuse sous le seuil légal de 35 %.
Quelle amende en cas de contrôle avec une visière non conforme ? L'amende s'élève à 135 €, minorée à 90 € en cas de paiement rapide, avec un retrait de 3 points de permis.
Les visières photochromiques sont-elles légales la nuit ? Oui, puisqu'elles redeviennent claires dès que la luminosité baisse. Elles ne posent aucun problème de conformité en conditions nocturnes.
Comment savoir si ma visière respecte les 35 % de transmission lumineuse ? Vérifiez le marquage ECE 22.06 sur le pourtour de la visière. Le taux de transmission y figure parfois directement, sinon référez-vous à la documentation du fabricant.


